L’ONU appelée à agir face à «la machine à tuer» de Damas

Photo: Reuters

Mardi le 31 janvier 2012 : 22 morts additionnelles; 400 victimes occasionnées dans des opérations menées par les forces du régime uniquement dans la dernière semaine.

En bref : – La Ligue arabe implore les Nations Unies de sortir de leur inaction face à ce qu’il considère comme «la machine à tuer» du régime syrien, mais Damas et la Russie ne semble pas prêts à céder à la pression des pays occidentaux siégeant au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Mardi le 31 janvier 2012, les 15 pays membres du Conseil entendait le représentant de la Ligue arabe leur demander de mettre fin à la tragédie humanitaire faisant actuellement rage en Syrie : «Nous ne demandons pas une intervention militaire, nous ne sommes pas en faveur d’un changement de régime mais nous prônons des pressions économiques mais le gouvernement syrien n’a fait aucun effort sincère pour coopérer. L’effusion de sang continue et la machine à tuer est toujours à l’œuvre» plaidait le Premier ministre du Qatar, le cheikh Hamad ben Jassem Al Thani.

Le projet de résolution adopté par le Conseil de sécurité des Nations Unies en date du 31 janvier 2012 reprend les grandes lignes d’un plan proposé par la Ligue arabe, mais aucun vote n’est encore prévu, sa dernière version, soulignant expressément la nécessité de résoudre la crise de manière pacifique et précisant vouloir condamner toute violence, d’où quelle vienne, ne satisfaisant pas les exigences de Moscou. L’ambassadeur russe à l’ONU Vitali Tchourkine qui estime que, malgré les appels lancés par les chefs de la diplomatie des États-Unis, de France et du Royaume-Uni, l’ONU n’a pas à se mêler des affaires de la Syrie, affirme cependant que cette dernière mouture du projet de résolution contient certains éléments qui donnent l’espoir d’un compromis. Pour sa part, supporté en ce sens par son allié russe, accusant les puissances occidentales et la Ligue arabe de fomenter la crise, l’ambassadeur de Syrie à l’ONU, Bachar Jaafari, rejette ce projet de résolution et assure que Damas fera fermement face à ses ennemis.

Au sortir de la réunion, le chef de la diplomatie française Alain Juppé estimait qu’il restait une chance de parvenir à un compromis avec Moscou. Répondant aux objections de la Russie et de la Chine, qui voyant dans le dossier syrien le risque d’une répétition de l’affaire libyenne Juppé affirmait : «La Syrie n’est pas la Libye, rien, absolument rien, dans le projet de résolution ne peut être interprété comme une autorisation de recours à la force. Nous n’avons nulle intention d’imposer de l’extérieur un quelconque régime politique». Pour sa part, son homologue britannique William Hague a évoqué la possibilité de la continuité des discussions avec la Russie et les pays s’opposant à l’adoption de la résolution prévoyant le départ du pouvoir du président Assad. Enfin, ayant tenté en vain, avant la tenue de la réunion, de rejoindre par téléphone son homologue Sergueï Lavrov alors en voyage en Australie, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton ajoutait : «Certains membres du Conseil s’inquiètent du risque d’une autre Libye, c’est une mauvaise comparaison».

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